ETUDE SUR LE RATON LAVEUR.

Dans le numéro de décembre 2017, l’ONCFS a sollicité les piégeurs pour leur participation à une étude sur le raton laveur, animal qui s’implante durablement en France depuis qu’il y a été introduit dans l’Aisne, en Auvergne et en Gironde en provenance du continent américain. Classé en liste 1 (espèce non indigène pouvant être piégée toute l’année), une meilleure connaissance de ses populations peut s’avérer utile pour sa gestion.

Cette étude, initiée avec votre aide, portait sur la caractérisation de ces trois populations par la génétique. Chaque petit bout d’oreille transmis à l’ONCFS a été séquencé et, couplé aux autres échantillons parvenus de ces 3 foyers, d’individus issus de quelques zoos mais aussi de Belgique, a fait l’objet d’une analyse globale avec l’aide du laboratoire Antagène et l’université de Lyon.

Le monitoring génétique a mis en évidence des caractéristiques typiques d’une introduction récente de ces populations. A savoir, une diversité faible sur l’ensemble des populations et un effet fondateur fort en Gironde et en Auvergne : c’est-à-dire que les populations actuelles sont bien issues d’un faible nombre de ratons laveurs introduits et sont bien distinctes les unes des autres !! Cependant, l’isolement apparent ne l’est plus dans le nord-est de la France où la génétique confirme que la population allemande très importante (estimée au million d’individus) est en cours de jonction avec la population introduite dans l’Aisne dans les années 1960 pour former un vaste ensemble allant de la Pologne aux portes de Paris (carte ci-dessous) !

Carte de répartition du raton laveur en Europe, source ONCFS

 

Ce contact naissant entre les populations du nord-est et d’Allemagne via la Belgique soulève une préoccupation plus large en augmentant la variabilité et le potentiel d’adaptation des populations de ratons laveurs rendant encore plus dynamique l’expansion de cette espèce depuis les départements du nord-est qui va donc poursuivre sa conquête. En revanche, les populations de Gironde et d’Auvergne ne sont pas encore connectées. Si la population d’Auvergne montre déjà des signes d’expansion importante notamment vers le Cantal, la Loire et la Haute-Loire, celle de Gironde peut (peut-être) encore être neutralisée. Il est donc primordial de prévenir tout contact entre ces deux populations et de redoubler les efforts de capture en Gironde.

 

Ainsi, la connaissance des antécédents génétiques et de l’origine des populations constitue une base essentielle pour l’établissement d’un plan de surveillance ciblé et l’identification de programmes de gestion permettant de contrôler efficacement cette espèce envahissante.

 

L’ONCFS remercie vivement les participants à cette étude.

 

Jean-François MAILLARD – chargé de mission espèces exotiques envahissantes – ONCFS

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