LA LPO S’Y MET AUSSI !

La LPO demande au Président de la République de suspendre les activités de chasse au moins jusqu’en septembre et de revisiter certaines pratiques cynégétiques au regard de la crise sanitaire.

Ayant fait, et continuant à faire, des efforts considérables afin de limiter la propagation de la pandémie de COVID-19, les Français ne comprendraient pas que les mêmes exigences ne soient pas appliquées à tous, en particulier aux chasseurs qui ont déjà bénéficié de nombreuses largesses depuis l’élection d’Emmanuel Macron.

La chasse de nuit conduit ainsi ses adeptes à se confiner dans un espace extrêmement réduit de quelques mètres carrés, sans pouvoir respecter les mesures de distanciation recommandées. Il nous apparait donc essentiel qu’elle soit temporairement interdite et ne puisse pas redémarrer comme prévu dès le 1er août. Pour les mêmes raisons, il est indispensable que les préfets veillent à ce que les opérations de chasse collectives (battues administratives, vénerie sous terre, chasse à courre, etc.) ne puissent reprendre. (La LPO s’inquiète pour la santé des chasseurs, ils ne peuvent respecter les gestes de distanciation !!!)

Pendant deux mois, la destruction d’innombrables renards, blaireaux, corvidés et autres soi-disant « espèces susceptibles d’occasionner des dégâts » a été suspendue, bien que quelques dérogations regrettables aient été accordées localement. La LPO souhaite que cette suspension exceptionnelle et inédite soit prolongée et analysée afin de savoir si, de fait, les atteintes aux activités agricoles et piscicoles ont connu une augmentation significative.  Si tel n’est pas le cas, une nouvelle preuve sera apportée à l’absence de justification pour la « régulation » massive de ces animaux sauvages. Trop souvent par le passé les préfets ont pu accorder des autorisations de destruction à titre préventif et sans que des dégâts substantiels n’aient été avérés. Nous avons aujourd’hui une occasion unique d’enrichir les données scientifiques en vérifiant l’efficacité des prélèvements massifs de prédateurs et de granivores, ou en démontrant leur inefficience. (Puisqu’on vous le dit !)

Quant aux chasses prétendues traditionnelles (glu, matoles, tenderies, etc.) et la chasse d’espèces menacées inscrites sur la liste rouge de l’UICN, nul besoin de crise sanitaire pour continuer d’en réclamer l’abolition immédiate ! (Tant qu’à faire …)

(La bonne parole pour finir) : Allain Bougrain Dubourg : « Le confinement des humains a sans nul doute soulagé des populations animales et végétales souffrant habituellement de notre mode de vie. Nous sommes nombreux à avoir été émerveillés par les images d’animaux s’épanouissant au cœur des villes ou par les chants d’oiseaux plus audibles. Ayant joui d’une tranquillité inhabituelle, la faune sauvage, moins craintive, est devenue encore plus vulnérable. Faisons-en sorte que ce répit ne se transforme pas en sursis. » 

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